Vincent Peirani

Tons Voisins

Vincent Peirani

Vincent Peirani appartient à cette jeune génération de musiciens qui ne se restreignent pas à un champ musical donné, préférant l’école buissonnière et les chemins de traverse : soit un artiste sans frontières ni limites ! À l’accordéon, après le défricheur Richard Galliano, il entend continuer à élargir les possibilités de son instrument.

Ce Niçois d’origine a commencé par étudier la clarinette à part égale avec l’accordéon avant d’opter pour ce dernier instrument qu’il qualifie « d’orchestre à lui tout seul ». Il suit d’abord des études classiques – écumant les concours internationaux pour en ramener une moisson de récompenses entre 1994 et 1998 –, avant d’embrasser tour à tour la musique contemporaine, la chanson française et de variété, puis le jazz. Il fut d’ailleurs le premier accordéoniste à entrer dans la fameuse classe de jazz du Conservatoire National Supérieur de Paris.

Il multiplie alors les collaborations tous azimuts. Dès 2003, en duo avec Vincent le Quang, il obtient d’ailleurs le « Premier prix d’Orchestre » du Concours National de Jazz de la Défense. Entre autres nombreuses collaborations, on a depuis pu l’entendre avec Richard Bona, Wynton Marsalis, Renaud Garcia-Fons, David Krakauer, Daniel Humair, Youn Sun Nah, Michel Portal, Thomas de Pourquery, Louis Sclavis, Henri Texier, et bien d’autres encore. Cet artiste que tout le monde s’arrache s’est vu couronné de deux prix aux Victoires du jazz, en 2014 puis 2015, après qu’en 2013 Jazz Magazine l’ait désigné « Artiste de l’année » tandis que l’Académie du Jazz lui décernait le « Prix Django Reinhardt » du meilleur jazzman français de l’année.

Que ce soit en solo ou en petites formations, sa vision musicale cosmopolite et décomplexée, son sens inouï des croisements et des couleurs l’amènent à concevoir des projets parmi les plus imaginatifs du moment. En tant que leader, on le retrouve ainsi en duo avec Emile Parisien (leur disque Belle époque, sorti chez ACT, a remporté tous les suffrages) ou avec le violoncelliste classique François Salque, en quartette avec Out of Land (Parisien / Schaerer / Wollny), en trio au sein de Thrill Box (Bénita / Wollny) – ensemble par lequel il commença sa collaboration avec le prestigieux label allemand ACT Music –, et son récent quintette Living Being (Parisien / Paeleman / Herné / Serra). On lui connaît aujourd’hui une carrière internationale qui lui aura d’ailleurs parmi d’ajouter plusieurs récompenses à son palmarès, dont plusieurs fois le fameux « Echo Jazz » de la Deutsche Phono-Akademie (équivalent allemand du Prix Charles Cros).

Au cours de ses concerts, Vincent Peirani fait preuve d’une grande maturité, plongeant de manière extraordinairement intense dans la musique, tout en restant en permanence en prise avec son public. Chaque note, chaque harmonie surprennent alors même que le tout est frappé du sceau de l’évidence. Les univers sonores qu’il crée avec son accordéon se jouent des styles, le savant y tutoyant le populaire, que ce soit sous la forme de compositions ou de réinterprétations qu’il enchaîne non sans une certaine dose d’humour.

Quel que soit le style, l’accordéoniste transforme tout ce qu’il touche en or : jazz bien sûr, mais aussi chanson française (collaborations avec Sanseverino, Roberto Alagna, Les Yeux Noirs) et musique de film (compositeur pour le film Barbara de Mathieu Amalric en 2017, où le musicien tient d’ailleurs un rôle). Vincent Peirani s’avère ainsi la grande révélation sur l’accordéon de ces dix dernières années, s’imposant aujourd’hui comme un artiste absolument incontournable.